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NT-proBNP chez le chien et le chat : lire le résultat

Publié le 7 septembre 2026 · 4 min de lecture

Un chat arrive en dyspnée, gueule ouverte, impossible à coucher pour une radiographie sans risquer de le perdre. Un petit chien tousse depuis trois semaines, il a un souffle, et son propriétaire veut savoir si c'est le cœur. Dans ces deux situations, un dosage sanguin de quelques minutes déplace la décision.

Ce que mesure ce dosage

Les cardiomyocytes fabriquent une prohormone, le proBNP, en réponse à l'étirement de la paroi cardiaque. Quand la pression ou le volume augmentent, cette prohormone est clivée en deux fragments : le BNP, biologiquement actif et fugace, et le NT-proBNP, inactif.

C'est le fragment inactif que l'on dose, et pour une raison pratique. Il est plus stable, sa demi-vie est plus longue, et sa concentration reste interprétable sur un prélèvement qui a attendu un peu. Elle reflète l'intensité de la contrainte subie par le myocarde au moment du prélèvement, ce qui explique à la fois son intérêt et ses limites : le NT-proBNP monte quand le cœur travaille sous tension, pas parce qu'une lésion existe.

Chez le chat : trancher une dyspnée

C'est l'indication où le dosage change le plus de choses. Un chat en détresse respiratoire pose un problème circulaire : l'examen qui permettrait de savoir d'où vient la dyspnée est celui que l'animal supporte le moins bien.

Une prise de sang jugulaire de quelques secondes est mieux tolérée qu'un décubitus pour radiographier. Un NT-proBNP bas rend l'œdème pulmonaire cardiogénique très improbable et autorise à explorer la piste respiratoire, asthme félin en tête. Un NT-proBNP franchement élevé oriente vers la décompensation cardiaque et fait démarrer le traitement pendant qu'on stabilise.

La deuxième indication féline est le souffle découvert par hasard, chez un chat sans signe. La cardiomyopathie hypertrophique est fréquente, souvent silencieuse, et tous les chats qui ont un souffle n'en ont pas une. Le dosage permet de trier ceux qu'il faut envoyer en échocardiographie. Même logique avant une anesthésie chez un chat de race prédisposée.

NT-proBNP félinInterprétation
< 100 pmol/LRisque faible
100 – 270 pmol/LSuspicion d'insuffisance cardiaque
≥ 270 pmol/LRisque élevé d'insuffisance cardiaque

Plage de détection : 50 à 1500 pmol/L.

Chez le chien : la toux du petit chien à souffle

La maladie valvulaire dégénérative mitrale est si fréquente chez le cavalier king charles, le caniche ou le yorkshire qu'un souffle finit par sembler explicatif de tout. Il ne l'est pas. Un chien peut porter un souffle depuis quatre ans et tousser à cause d'un collapsus trachéal ou d'une bronchite chronique.

Un NT-proBNP dans les valeurs attendues chez un chien qui tousse déplace franchement la recherche vers l'appareil respiratoire. Une valeur élevée réoriente vers le cœur et justifie l'imagerie.

NT-proBNP caninInterprétation
< 900 pmol/LRisque faible
900 – 1800 pmol/LSuspicion d'insuffisance cardiaque
≥ 1800 pmol/LRisque élevé d'insuffisance cardiaque

Plage de détection : 5 à 10 000 pmol/L.

Les seuils canins et félins n'ont ni les mêmes valeurs ni les mêmes bornes, et ils dépendent de la méthode de dosage employée. Ceux publiés ici sont ceux du test ImMScan ; vérifiez ceux de votre réactif dans sa notice.

Ce qui fait monter le chiffre sans cardiopathie

Quatre situations à connaître, parce qu'elles produisent des valeurs hautes chez des animaux dont le cœur n'est pas en cause.

L'insuffisance rénale. Le NT-proBNP s'élimine par le rein. Chez un animal azotémique, la concentration monte mécaniquement. Un chat en maladie rénale chronique avec un NT-proBNP modérément augmenté ne relève pas forcément de la cardiologie. Regarder la fonction rénale en parallèle évite la mauvaise conclusion, et la SDMA est le paramètre qui la situe le plus tôt.

L'hyperthyroïdie féline. Elle augmente la fréquence et le travail cardiaque, et fait monter le NT-proBNP même sans cardiomyopathie primitive. Chez un chat âgé, un dosage de T4 totale se justifie avant de conclure.

L'hypertension artérielle systémique. Elle impose au ventricule gauche un travail supplémentaire qui se traduit dans le dosage.

Un effort ou un stress important juste avant le prélèvement. L'effet est modeste comparé aux trois autres, mais il existe.

Ce que le dosage ne fait pas

Il ne dit pas quelle cardiopathie. Il ne donne pas de stade. Il ne mesure ni la taille de l'oreillette gauche, ni la fraction de raccourcissement, ni la présence d'un thrombus. Il ne remplace pas l'échocardiographie et ne prétend pas la remplacer.

Ce qu'il apporte, c'est une réponse en quelques minutes à une question binaire dans un moment où l'on n'a ni le temps ni la stabilité de l'animal pour faire mieux. Chez un chat dyspnéique à trois heures du matin, c'est exactement ce dont on a besoin.

Le rendu sur place a une conséquence discrète mais réelle : la décision se prend pendant la consultation, pas le lendemain au téléphone. Sur les 25 échantillons cliniques félins et les 25 échantillons canins de notre évaluation, la concordance avec le test rapide vétérinaire de référence atteint 92 % dans les deux cas. Le détail est publié sur la page validation analytique.


Contenu destiné aux professionnels de santé animale. Les valeurs d'interprétation citées sont celles du test ImMScan et ne remplacent ni la notice du réactif employé, ni l'examen clinique.

Questions fréquentes

Non. Il oriente et il exclut. Une valeur basse rend une cardiopathie décompensée très improbable et permet de chercher ailleurs sans attendre. Une valeur haute impose l'échocardiographie, qui reste seule capable de dire quelle cardiopathie, à quel stade, et avec quel traitement.

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